La dépendance affective

Dépendance affective : causes, mécanismes et guérison

Les carences affectives dont l’enfant peut être victime créent des blessures de vie. Petit à petit, ces carences se transforment sous forme de croyances négatives et créent une partie de sa personnalité d’adulte. Un manque d’amour, d’attention, de reconnaissance est la principale blessure qui mène l’adulte à, plus tard, devenir ce qu’on appelle « un dépendant affectif ». Les conséquences de la dépendance affective s’avèrent désastreuses pour la vie sentimentale et le bien-être de l’adulte. Alors, dépendance affective, quèsaco exactement ? Quelles en sont les causes ? Et, surtout, comment la reconnaître pour pouvoir, enfin, s’en libérer ?

La dépendance affective, quèsaco ?

La dépendance affective peut se définir comme un besoin extrême de l’amour et de l’affection des autres. Démesuré, insatiable et tellement profond, ce besoin pèse tellement lourd que le dépendant affectif est prêt à renier sa propre personne quitte à combler son manque. Causant beaucoup de souffrance, elle est considérée comme une pathologie. Cette dépendance traduit un terrible manque de confiance en soi et une peur maladive de l’abandon. Dans les relations amoureuses, le dépendant affectif a une forte tendance à s’effacer devant l’autre.

Une personne dépendante affective vit dans l’attente que le ou la partenaire lui offre cette reconnaissance, afin d’aller bien. En se comportant ainsi, elle donne le pouvoir à l’autre sur ses ressentis, ses émotions, ses sentiments. Cette dépendance entraîne chez l’autre partenaire de vie un sentiment de gêne causé par une trop lourde responsabilité. D’ailleurs, lorsqu’un dépendant affectif se met en couple avec quelqu’un de malveillant ou de manipulateur, les dégâts peuvent être conséquents.

La souffrance d’une personne dépendante affective est telle qu’il peut aller jusqu’à se sacrifier, se renier, ne vivre que dans l’attente d’un regard, d’un geste de son partenaire. Dans certains cas extrêmes, le dépendant affectif peut aller jusqu’à sombrer dans une dépression profonde si ses besoins affectifs ne sont pas comblés, ce qui peut malheureusement le mener au suicide.



La dépendance affective

Du manque à l’addiction, les causes de la dépendance affective

Souvent, les adultes souffrant de dépendance affective ont manqué d’amour ou d’attention pendant leur enfance. Que ce soit dû à un traumatisme non réglé ou à un dysfonctionnement familial, l’enfant grandit avec des blessures qui, petit à petit, se transforment en croyances négatives par rapport à lui.

Ces carences le suivent. Une fois adulte, il s’habite de la certitude qu’il n’est pas aimé et qu’il ne mérite pas de l’être. L’adulte qui a cruellement manqué d’amour pendant son enfance se sentira constamment abandonné.

Inconsciemment, une personne dépendante affective tentera de reproduire les relations de son enfance afin de réparer des blessures encore trop douloureuses. Ce besoin insatiable d’amour conduit, malheureusement, à vivre des relations insatisfaisantes et éprouvantes. De plus, le dépendant affectif éprouvera beaucoup de mal à rompre et à se détacher des relations frustrantes dans lesquelles il se trouve.

Dépendance affective, souffrances et mécanismes

Dépendance affective, deux comportements extrêmes possibles

Les carences d’amour de l’enfant vont générer une dépendance affective et l’adulte de plus tard tentera, coûte que coûte, de combler ses manques. Dans ces cas-là, deux comportements extrêmes peuvent en découler.

Soit la personne a développé une telle peur constante de l’abandon et du rejet qu’elle se jette à corps perdu dans chaque nouvelle relation. Soit, à l’inverse, la peur d’être rejetée ou abandonnée conduit la personne à ne pas s’investir dans les relations intimes.

Dans le premier cas, la personne pense éviter la solitude. Selon elle, la seule manière de pallier ses manques se trouvera dans l’affection et l’approbation de l’autre. Le dépendant affectif, dont le besoin d’amour demeure trop intense, passera sa vie à rechercher cette affection dont il a manqué. Seulement, ce manque étant extrême, le dépendant estimera ne jamais en recevoir assez et continuera donc de ne pas se sentir aimé.

Dans le deuxième cas, le dépendant affectif décide, consciemment ou inconsciemment, de ne s’investir dans aucune relation. Cela le mènera à éviter toute relation qui pourrait s’avérer importante, car difficile, trop intime et risquée pour lui. Fatalement, souffrant de solitude, il se sent également abandonné et mal-aimé.

On comprend bien que, dans les deux cas, la personne s’enfonce dans une relation négative, malsaine et sans avenir pour elle. Pour évoluer sainement, il faut apprendre à lâcher le passé et les blessures d’enfance.

Dépendance affective dans la révolte ou dans la soumission

La dépendance affective est la suite logique de la théorie de l’attachement. En fonction des bases reçues pendant notre petite enfance, des obstacles qu’il a fallu traverser, de l’amour que nous avons reçu ou non, notre personnalité d’adulte se forge.

Deux types de comportements que l’on retrouve chez l’adulte, et chez le dépendant affectif, sont la soumission et la révolte. Le soumis ou le révolté.

Dans ces deux types de comportements, nous retrouvons les mêmes objectifs et les mêmes besoins : l’amour, la reconnaissance, la valorisation, l’approbation. C’est humain, normal. Néanmoins, le dépendant affectif a tellement peur de souffrir que, lors d’un conflit ou simplement de ce qu’il estime un manque d’affection, tout peut très vite basculer pour lui. Guidé par une angoisse trop pesante du rejet, il choisit alors de fuir.

La personne soumise exprimera son besoin d’amour et la personne révoltée fuira à travers l’agressivité et l’attaque. Lorsque la première s'adapte le plus possible au partenaire amoureux en s’oubliant complètement, l’autre en exige bien trop et finit par étouffer le couple.

Dans ces deux cas, on retrouve une même fin logique : la personne dépendante affective n’a aucun contrôle sur sa vie affective. Ce qu’elle a vécu dans son enfance l’anime.

Les principales caractéristiques de la personne dépendante affective

Elle a un passé douloureux

La personne dépendante affective a généralement un passé difficile. Elle est animée par de véritables blessures, ensuite transformées en traumatisme et en angoisse. Aussi, sa perception de la réalité est déformée. Son enfance, marquée par des événements qu’on pourra considérés comme « inadéquats », semble normale à ses yeux.

Elle a un besoin d’amour et de reconnaissance démesurés

Ce besoin d’amour, étant insatiable tant que les douleurs du passé ne sont pas guéries, le dépendant affectif cherche à combler son vide en permanence. Au mauvais moment, avec la mauvaise personne.

La personne dépendante affective a peur de se positionner

Elle ne sait pas dire non, n’impose pas de limites saines et fuit les conflits. Elle n’ose d’ailleurs pas prendre de décisions sans l’aval d’un proche, par peur de décevoir. Tout ça étant animé d’une crainte irrationnelle de perdre l’autre. Ces comportements résultent d’une certaine soumission dans le but d’être aimé et accepté du partenaire.

Elle vit dans la peur d’être abandonnée, rejetée.

Une personne dépendante affective ne supporte pas l’idée qu’on puisse la quitter. Dès qu’elle doute des sentiments de l’autre, ce qui lui arrive souvent, la crainte qu’on l’abandonne et que son monde s’écroule prend le dessus. Souvent, ses angoisses la contrôlent.

La personne dépendante affective occulte ses colères, ses déceptions.

Toujours animée par cette angoisse de ne plus être aimée, elle n’osera pas prendre le risque d’exprimer ses tristesses. Au fond d’elle-même, cette personne dépendante affective ressent beaucoup de colère envers son partenaire qui ne lui donne rien de ce qu’elle attend. Lorsque l’on parle intimement avec une personne dépendante, on s’aperçoit qu’elle vit dans l’attente que son partenaire lui rende la pareille.

Le partenaire dépendant accable l’autre d’un tas de maux.

Le dépendant affectif qui se pose en victime accuse facilement le conjoint, par exemple, de ne pas être là pour lui, de l’utiliser, de mentir. En fait, persuadée de ne pas être aimée, la personne en dépendance d’amour se convaincra toujours qu’elle n’est pas assez bien. De ce fait, elle ne peut pas croire que l’autre puisse être sincère quant à ses sentiments et intentions pour elle.

Les clés pour se libérer de la dépendance affective

La personne dépendante affective sera libérée le jour où elle saura regarder ses peurs, ses manques, ses besoins et les acceptera. Elle pourra enfin reprendre le pouvoir sur sa vie. Pour se libérer de la dépendance affective, il est nécessaire de demander de l’aide auprès d’un professionnel. L’aide d’un.e psychologue permettra de mettre le doigt sur des blessures probablement enfouies, de comprendre certains mécanismes et de dénouer ce qui semble s’emmêler depuis longtemps.

En attendant, voici quelques essentiels qui valent la peine d’être (ré) évoqués.

  • Il est crucial, lorsque des peurs nous animent trop intensément, trop profondément, d’aller voir ce qui se passe derrière. Que cachent-elles ? Comprendre la dépendance sera capital pour s’en libérer.

  • Le dépendant affectif est souvent en colère parce qu’il ne reçoit pas ce qu’il veut. Il se frustre, se fâche. Expliquer les raisons de cette colère, aux autres et à soi-même, la comprendre et l’évacuer en l’exprimant de manière non agressive aide fortement à prendre du recul et à ne pas tomber malade.

  • Chacun des deux partenaires doit être responsable de lui-même. Se mettre en couple pour les mauvaises raisons n’est une bonne idée ni pour l’avenir ni pour l’estime de soi. Décider de partager sa vie avec quelqu’un dans l’espoir qu’elle comble un vide ne fera qu’entretenir cette dépendance. Personne n’existe pour combler le vide de l’autre.

  • Il n’est pas sain, non plus, de se renier et de se plier à ce que le conjoint désire afin d’être sûr qu’on sera aimé. Il n’y a qu’en nous présentant avec authenticité que nous serons aimés et appréciés à notre juste valeur. N’est-ce pas tout à fait logique ? Ne vous oubliez pas, vous ne ferez qu'augmenter le manque de confiance en vous.

  • Maintenir une communication saine contribuera à guérir vos blessures et vous permettra d’assurer une meilleure gestion des conflits et, donc, une meilleure estime de vous.

Pour conclure

Une relation saine est fondée sur la communication et l’écoute. Une relation saine est faite de choix, mais enrichit toujours les partenaires. A contrario, une relation devient toxique lorsqu’il y a dépendance, lorsqu’un partenaire domine l’autre. Ce type de relation est épuisant pour la personne qui la subit, et mène dans de nombreux cas à une dépression.

Si vous pensez être dépendant affectif, il y a urgence à vous faire aider. Vous vous reniez complètement. Vous avez besoin de retrouver confiance et estime de vous.

Cette reconstruction passe par vous, non pas par l’approbation, l’amour et la reconnaissance de la personne que vous aimez.